Dundalk se situe presque exactement à mi-chemin entre Dublin et Belfast, dans le comté de Louth, tout près de la frontière avec l'Irlande du Nord - une position qui façonne la ville depuis des siècles. Avec une population d'environ 43 000 habitants, elle compte parmi les plus grandes villes de la République d'Irlande, même si les habitants l'appellent le plus souvent simplement 'the town'. Cette situation frontalière a pris une tournure plus dure pendant les Troubles, lorsque Dundalk hérita du surnom 'El Paso', une comparaison avec la ville texane située à la frontière américano-mexicaine, reflétant sa réputation de lieu où l'activité paramilitaire et la contrebande transfrontalière faisaient partie du quotidien.
Bien avant cette histoire récente, la campagne environnante était déjà entrée dans la légende. La péninsule de Cooley, juste au nord de la ville le long du Carlingford Lough, sert de cadre au Táin Bó Cuailnge, la Razzia des vaches de Cooley, l'une des grandes épopées de la littérature irlandaise ancienne. Dans ce récit, le guerrier Cú Chulainn défend seul la province d'Ulster contre l'armée de la reine Maeve du Connacht, déterminée à s'emparer du grand taureau brun de Cooley - une histoire encore associée aujourd'hui aux collines et aux pierres dressées de la péninsule.
L'autre passion durable de Dundalk est le football : le Dundalk F.C., fondé en 1903 comme équipe des ouvriers du Great Northern Railway, rejoignit la League of Ireland en 1926 et devint, lors de la saison 1932-1933, le premier club hors de Dublin à remporter le titre national. Le club joue à Oriel Park depuis 1936, et ses soirées européennes ultérieures sous les projecteurs ont donné à la ville une notoriété footballistique bien supérieure à sa taille.
Ce qui vaut à Dundalk un arrêt plutôt qu'un simple passage, c'est précisément cette superposition de l'ordinaire et de l'épique : une ville frontière de taille moyenne qui porte, en quelques kilomètres, un paysage mythologique ancien à Cooley, un club de football moderne à l'histoire d'outsider bien réelle, et un passé de zone frontalière encore lisible dans ses rues les plus anciennes.